Benutzer:Lantus/Depot Bénestroff

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Depot Benestroff im Juni 2014

Treize ans déjà après avoir débuté notre saga de l'histoire des dépôts vapeur de la SNCF - Régions Sud-Est Méditerranée en 1997, Région Ouest en 2000 et Région Nord en 2009 -, nous poursuivons aujourd'hui cette vaste rétrospective en nous intéressant cette fois à la Région Est. Avec l'ancienne Région Sud-Est, c'est l'une des plus intéressantes, avec un nombre impressionnant d'établissements : notre étude en comporte soixante-et-un, et même quatre-vingt-sept si l'on y inclut les annexes. Il faut dire ici que l'effectif en ligne au 1er janvier 1950 restait particulièrement impressionnant. À cette date en effet, les 2 963 locomotives à vapeur, dont 491 garées bon état, figurant au parc étaient réparties entre les arrondissements traction et les dépôts suivants :

  • 1er arrondissement Paris (423) : La Villette, Noisy, Vaires, Nogent-Vincennes, Gretz, Sézanne, Château-Thierry, La Ferté-Milon, Verneuil-l'Étang, Longueville ;
  • 2e arrondissement Troyes (321) : Troyes, Chaumont, Chalindrey, Langres, Vesoul, Aillevillers ;
  • 3e arrondissement Nancy (352) : Nancy, Toul, Pagny-sur-Meuse, Blainville, Épinal, Mirecourt, Saint-Dié, Neufchâteau ;
  • 4e arrondissement Châlons (526) : Châlons, Epemay, Verdun, Vitry-le-François, Bar-le-Duc, Revigny, Lérouville, Saint-Dizier, Reims, Amagne, Mohon, Lûmes, Givet
  • 7e arrondissement Metz (700) : Metz-Frescaty, Bénestroff, Pagny-sur-Moselle, Thionville, Conflans, Audun-le-Roman, Sarreguemines, Longuyon, Baroncourt, Longwy, Forbach, Hargarten-Falck.
  • 8e arrondissement Strasbourg (641) : Strasbourg, Belfort, Hausbergen, Sarrebourg, Île-Napoléon, Mulhouse-Nord, Colmar, Haguenau, Sélestat, Saverne.

Cinq de ces cinquante-neuf établissements dépassaient alors le cap des cent unités : Metz-Frescaty (136), Hausbergen (121), Thionville (116), Noisy (109) et Nancy (102). Cinq autres tangentaient la centaine d'unités : La Villette, Vaires, Blainville, Châlons et Mohon. Mais la concentration du parc sur un nombre plus limité de dépôts avait déjà été décidée. En conséquence, plusieurs petits établissements, dotés pour la plupart d'une remise, disparurent rapidement dès le début des années 1950 (Aillevillers, Gretz, Provins...).

Ce n'était rien à côté de l'énorme lame de fond que provoqua la mise en service des premières électrifications à partir de l'été 1954. Des centaines de locomotives furent alors garées sans espoir de réutilisation dans des établissements comme Réding, Haguenau et Schirmeck. L'électrification des lignes, qui était une des garantes de la disparition rapide des dépôts vapeur, ne fut pas le seul moyen pour y parvenir. Les autorails, puis les locomotives Diesel au sortir de la Seconde Guerre mondiale se chargèrent d'éroder progressivement les prestations assurées par les locomotives vapeur. En l'espace de sept ans seulement, le parc vapeur diminua ainsi de près de moitié, avec un parc réduit à 1 585 unités au 1er janvier 1957. À cette même date, le nombre de dépôts avait été réduit à quarante. Certains d'entre eux étaient clairement en sursis : Château-Thierry (9 locomotives), Forbach (8), Amagne (6) et Hargarten-Falck (2)... À ce stade, certains établissements, tel Mohon, avaient déjà terminé leur reconversion, les «fers à repasser» succédant à des locomotives somme toute récentes comme les 141 P D'autres encore disparurent totalement en l'espace de dix ans seulement, alors que leur effectif avait flirté avec les cent-quarante unités au début de la décennie 1950 (Metz-Frescaty).

Les années suivantes ne firent que confirmer ce déclin, des établissements périclitant totalement au fur et à mesure de l'avancée des électrifications et des livraisons de locomotives Diesel et d'autorails.

Finalement, la disparition de la traction vapeur fut effective fin mars 1974. Et c'est le dépôt de Sarreguemines qui eut l'honneur de clôturer le règne de la traction sur l'ensemble de la SNCF À l'exception d'une poignée d'établissements restant titulaires d'engins moteurs (La Villette, Chalindrey, Mohon, Metz-Sablon, Strasbourg et Thionville), tous les autres dépôts disparurent, leurs installations étant démantelées progressivement au cours des années 1970-1980, à commencer par les toboggans. Que reste-t-il aujourd'hui de cet héritage ? Bien peu de chose assurément, et il s'avère difficile de s'imaginer ce que pouvait être l'importance d'un dépôt vapeur lorsqu'on arpente les étendues désolées d'un dépôt comme La Villette, dernier ex-dépôt vapeur en date à avoir été démoli au début de l'année 2010. Fort heureusement, certaines installations ont été brillamment reconverties à la traction électrique (Strasbourg) ou à la traction Diesel (Chalindrey). D'autres encore servent à présent de magasin (Metz-Frescaty) ou sont totalement abandonnées sous des mètres de végétation (Bénestroff). Voici donc à présent racontée par le menu l'histoire des soixante-et-un dépôts de la Région Est. Une rétrospective que n'aurait pas reniée le regretté Jean Gillot, grand spécialiste reconnu des locomotives de la Région Est.

Nous achèverons cette étude à l'automne 2011 en évoquant l'histoire des très nombreux dépôts vapeur de la Région Sud-Ouest. Marcel Chavy, qui m'a fait l'immense honneur d'être à ses côtés pour rédiger cette véritable bible des dépôts vapeur de la SNCF, et Alain Bocquillon, qui en a assuré la saisie informatique, se joignent à moi pour vous souhaiter une très agréable lecture. [1]

  • André Schontz, Arsène Felten, Marcel Gourlot: Le chemin de fer en Lorraine, Editions Serpenoise, 1999, ISBN 2876924147

Einzelnachweise

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  1. Macel Chavy, Olivier Constant: Les dépots vapeur de l'est, Editions La vie du rail, 2010